Bombe au cobalt, l’arme la plus dangereuse sur la planète...

Jeudi 29 avril 2021

Après avoir survécu à la Seconde Guerre mondiale, l’humanité s’est retrouvée presque immédiatement dans un nouveau long conflit entre l’URSS et les États-Unis.

Cet incident est entré dans l’histoire comme la Guerre froide.

Cette confrontation de plus de 40 ans entre les deux grandes puissances a engendré de nombreuses phobies.

L’Occident avait peur des sous-marins nucléaires soviétiques, alors que les citoyens soviétiques étaient intimidés par les Pershing et les missiles de croisière Tomahawk.


Mais la plus grande horreur pendant la Guerre froide était la bombe au cobalt, dite sale – une nouvelle arme radiologique capable d’éradiquer toute la vie sur la planète, de transformer la Terre en désert radioactif.


Cette arme nucléaire existe-t-elle vraiment ?

Quel est le principe de fonctionnement de la bombe au cobalt et quels sont ses dangers ? Développe-t-on une telle arme aujourd’hui ?


Mythe ou réalité

L’idée de détruire l’adversaire grâce au rayonnement radioactif est née avant l’invention de la première bombe nucléaire, au début des années 1940.

À noter que l’idée de créer un arsenal au cobalt n’est pas venue en tête aux chercheurs ou aux militaires, mais au célèbre écrivain de science-fiction Robert Heinlein.


En 1940, cet écrivain encore peu connu a publié sa nouvelle « Solution non satisfaisante », où les pays de la coalition antihitlérienne ont bombardé le territoire allemand avec des bombes aériennes ordinaires contenant des matières radioactives.


Cette attaque imprévue a forcé les Allemands à capituler.

À noter que dans la nouvelle la création d’une ogive nucléaire a échoué, c’est pourquoi les Alliés ont utilisé une bombe sale.

À l’époque, peu croyaient à la réalité de la conception de l’arme nucléaire, non seulement parmi les militaires, mais également parmi les scientifiques.


L’idée de la bombe au cobalt a été décrite par le physicien Leo Szilard dans les années 1950.

Il a émis l’hypothèse que l’usage d’une telle munition détruirait toute la vie sur la planète.

À noter que personne ne confirme officiellement l’existence de la bombe au cobalt.


Structure et utilisation

Une explosion nucléaire crée un certain nombre d’isotopes radioactifs.

Beaucoup d’entre eux possèdent une courte demi-vie, c’est pourquoi la radiation pourrait diminuer significativement en l’espace de quelques heures après l’explosion.


Il faut rester pendant cette période dans un bunker spécial, et quelques années plus tard utiliser les territoires touchés pour l’activité économique.


La bombe au cobalt est une variété de l’arme nucléaire, son utilisation contamine des territoires avec des éléments radioactifs (même après une faible explosion).

C’est une arme de destruction massive à effet non immédiat.

Une bombe ou une autre munition représente une charge thermonucléaire, dont la dernière enveloppe contient du cobalt au lieu de l’uranium 238.


Le cobalt est un minéral d’origine naturelle, un élément monoisotopique composé à 100% de cobalt 59.

L’explosion contamine l’enveloppe par un puissant flux de neutrons qui transforme le noyau du cobalt 59 en isotope radioactif du cobalt 60, sa demi-vie est supérieure à cinq ans.


Les chercheurs ont même calculé la quantité nécessaire de cobalt pour anéantir complétement notre planète. Il s’avère que 510 tonnes de l’isotope du cobalt 60 suffiraient et qu’aucun bunker ne pourrait y résister.


La structure de la première bombe sale était similaire à la description de Robert Heinlein : il s’agissait de conteneurs ordinaires avec des matières radioactives et une charge explosive lancés sur un territoire ennemi.

L’explosion était déclenchée à une certaine altitude pour répandre des isotopes au-dessus de la zone attaquée.


Cependant, en 1952 déjà, Leo Szilard a proposé une structure foncièrement différente de l’arme radiologique, et pour la première fois on y utilisait du cobalt, une matière capable de produire un très fort rayonnement pendant une longue période.


L’arme radiologique a été surnommée Doomsday Machine ou arme de l’Apocalypse.

Pas besoin de la lancer sur un État ennemi, il suffirait de la faire exploser sur son propre territoire, et en quelques mois la radioactivité se répandrait par des courants atmosphériques à travers la planète.

Toutefois, la population du pays qui ferait exploser cette bombe périrait la première.

Au milieu des années 1960, les États-Unis ont évalué « l’économie » et la complexité technologique du projet de fabrication de la bombe au cobalt.

Les données obtenues ont terrifié les Américains : il s’est avéré que n’importe quel pays disposant de technologies nucléaires serait capable de créer l’arme de l’Apocalypse.

Peu de temps après, le Pentagone a annoncé l’interdiction complète des projets liés au cobalt 60.


Au début des années 1960, les Anglais étudiaient les propriétés du cobalt.

Ils l’utilisaient en tant que marquer radiochimique pendant les essais des charges thermonucléaires sur un polygone en Australie.

Cette information a fuité dans la presse anglaise, ce qui a engendré des rumeurs que le Royaume-Uni avait non seulement développé la bombe au cobalt, mais qu’il organisait également ses essais. Ce scandale a particulièrement impacté l’image internationale de Londres.


L’URSS s’intéressait également à la création de munitions nucléaires au cobalt.

En particulier, l’académicien et futur dissident Andreï Sakharov a participé à l’élaboration de la bombe soviétique sale.


À ce jour, la bombe sale est plutôt une arme fictive qui pourrait hypothétiquement représenter un danger pour tout État contemporain.

Cependant, les services secrets prennent très au sérieux la probabilité de tels attentats, c’est pourquoi la circulation des matières radioactives est soumise à un contrôle très rigoureux.


C’est terrifiant de se dire que l’humanité tient si peu à son existence sur la planète.

Dans la course au leadership en matière d’armement les gens oublient que personne ne pourra survivre après l’utilisation d’une telle arme.

4 vues0 commentaire