Bruits de bottes en Ukraine...

Mardi 6 avril 2021

La situation en Ukraine s’aggrave très rapidement et de nombreux signes indiquent que tout le monde se prépare à une sorte de crise. J’attire votre attention sur le blog d’Andrei Martyanov et, plus particulièrement, sur son article. Je vous renvoie également à cet article récent sur Zero Hedge.


Jusqu’à présent, voici les évènements clés :

  1. Premièrement, les Ukrainiens ont déplacé une importante force (infanterie, blindés, artillerie, MLRS, etc.) près de la ligne de contact.

  2. Les forces ukrainiennes ont également pénétré dans la « zone grise » [la zone démilitarisée, NdT] qui était censée rester neutre et séparer les deux parties.

  3. Kiev a officiellement approuvé une doctrine qui désigne la Russie comme étant l’ennemi.

  4. Le chef d’État-major ukrainien a admis que les forces ukrainiennes sont déployées sur le front, dans l’état de préparation le plus élevé.

  5. Les dingos de la diversité qui dirigent désormais la « diplomatie » américaine ont fait de nombreuses déclarations en faveur de l’Ukraine.

  6. L’OTAN n’est pas parvenue à un quelconque consensus (l’Allemagne semble en être la principale raison).

  7. Les Polonais provoquent maintenant ouvertement la Russie en envoyant des navires militaires (de surface et un sous-marin) et des avions à proximité directe des navires russes posant les pipelines [du Nordstream 2, NdT] dans la Baltique.

  8. Dans un cas, un navire de pêche polonais a même éperonné un navire en invoquant des « problèmes de moteur ».

  9. L’AFP rapporte que le général Mark Milley s’est entretenu avec le général Valery Gerasimov, chef d’État-major des forces armées russes, et le général Ruslan Khomchak, chef d’État-major général des forces armées.

  10. La Russie n’a cessé de renforcer sa frontière occidentale et, en particulier, la Crimée.

  11. La République populaire de Donetsk a déclaré la mobilisation de toutes ses réservistes.

  12. La situation interne du Banderastan occupé par les Urkonazi se dégrade rapidement en raison de la pandémie, des luttes intestines entre les différentes factions et de la chute libre de l’économie. Que fait le gouvernement pour contrer ces problèmes ? Il répète « La Russie ! Russie ! Russie ! » comme un mantra.

  13. Des rapports fiables indiquent que l’OTAN est déjà en état d’alerte ou le sera bientôt.


Ils (les Néocons) pourraient bien être dans le viseur…


Par Andrei Martyanov − Le 1er avril 2021 – Source Reminiscence of the future

UNZ a publié la transcription d’une excellente conversation entre Pepe Escobar et Michael Hudson, que vous pouvez regarder ici :

Il s’agit d’une conversation délicieuse, dans son intellect et sa portée.

Une pensée de Michael Hudson est particulièrement intéressante lorsqu’il parle des personnes qui sont à l’origine de la politique étrangère insensée des États-Unis ou, plutôt, de son absence.

J’aborde cette question dans chacun de mes livres, surtout dans le dernier, mais voici ce que dit Hudson, qui est proche des cercles de « décideurs » :

Les Américains veulent la guerre. Les personnes que Biden a nommées ont une haine émotionnelle de la Russie. J’ai parlé à des membres du gouvernement qui sont proches du parti Démocrate, et ils m’ont dit qu’il y a un désir émotionnel pathologique de faire la guerre contre la Russie, provenant en grande partie du fait que les Tsars étaient antisémites et qu’il y a toujours la haine de leurs ancêtres : « Regardez ce qu’ils ont fait à mon arrière-grand-père. » Et donc ils sont prêts à soutenir les nazis, à soutenir les antisémites ukrainiens. Ils sont prêts à soutenir les antisémites d’aujourd’hui dans le monde entier, tant qu’ils récupèrent cette concentration émotionnelle sur une sorte d’économie post-19e siècle. J’ai rencontré ces gens. Leur émotion est celle de la haine et de la colère. Vous pouvez regarder leur visage et voir ce qu’ils sont devenus. C’est vraiment dangereux. Ils sont fous. Et Poutine a tout à fait raison. L’Amérique a obtenu son pouvoir en ne respectant pas ses accords. Elle a rompu toutes ses promesses avec les natifs américains pour prendre leurs terres. Elle a rompu son accord avec l’Iran. Elle a rompu l’accord ukrainien de Minsk, et le JCP auparavant. Alors quel est l’intérêt de signer un agrément avec les Américains.

Voici ce que j’essaie constamment de souligner : on ne négocie pas avec une bande de fous, surtout affligée d’un traumatisme ethno-religieux étroit, qui au fil des ans est réamplifié dans la chambre d’écho de l’immigration juive américaine, dont l’ascension au sommet du pouvoir et de l’influence politique dans la période qui a suivi la Seconde Guerre mondiale s’est faite par le biais de ce que certains, à tort, continuent de considérer comme un mouvement néoconservateur (trotskiste) intellectuel, qui n’est en réalité ni « conservateur », dans aucun sens applicable, ni, surtout, intellectuel.

Le mouvement néoconservateur américain est la combinaison d’une érudition bâclée, voire d’une démagogie et d’une falsification pseudo-religieuse pure et simple, et d’une manipulation magistrale, il faut l’admettre, de la propension américaine à se glorifier pour des raisons qui, en réalité, vont complètement à l’encontre des intérêts de la majorité de sa population.


C’est pourquoi Lavrov a été explicite aujourd’hui lorsqu’il a déclaré que « la confrontation dans les relations bilatérales a touché le fond » (en russe).

J’ajouterai seulement qu’il faut s’attendre à ce que les coups viennent d’en bas.

Et c’est là que réside le problème : le néoconservatisme américain est extrêmement analphabète dans certains des aspects les plus cruciaux de la sécurité nationale, à savoir la guerre et une diplomatie compétente.

Même un bref examen des concoctions « intellectuelles » des néoconservateurs américains, qu’il s’agisse du risible psychobabillage de Fukuyama, qui est néoconservateur par essence, ou de n’importe quel type de bêtises de la cabale de la famille Kagan sur les questions d’histoire et de guerre, montre que le néoconservatisme américain n’a jamais été compétent.

Il est certes marqué par l’esprit de croisade contre la nature humaine et l’histoire, mais cela ne va pas plus loin.

Ainsi, vous ne pouvez pas expliquer à une bande de « savants » et de « personnalités influentes » néoconservateurs juifs ou WASP américains, qui sucent à la mamelle de la puissance réelle et perçue de l’Amérique, qu’avant d’entreprendre toute action pratique basée sur leurs théories farfelues, ils feraient mieux de faire l’analyse de base coûts-avantages, et d’intégrer dans ce calcul leur volonté de continuer à haïr la Russie au prix d’être transformés en cendres radioactives, ou simplement inertes.

A moins de préférer rester en vie, ce qui implique de recourir à une attitude plus pacifique.

C’est précisément à cette occasion que l’on défend la cause non pas en termes de « politique », d’« accords » ou d’« équilibre », mais en termes de comment et où les gens qui poussent à la guerre, c’est le cas d’environ 99,99% de la cabale néocon américaine, l’obtiendront et à quoi elle ressemblera.

En d’autres termes, on leur montre l’arme par laquelle ils seront tués au cas où ils voudraient déclencher une guerre.

Compte tenu du fait que les néocons américains ne sont pas bons militairement, et qu’en fait beaucoup d’entre eux sont ceux qui conduisent la propagande militariste américaine incompétente, on est obligé d’exprimer en termes compréhensibles par ces personnes qui n’ont jamais vraiment connu le danger à part celui, comme l’a dit Phil Giraldi, « de s’étouffer avec du foie gras », ou d’applications Power-Point qui se figent pendant la présentation ou encore d’autres conneries pseudo-académiques.

Les néoconservateurs, tout en aimant jouer avec la vie des autres, sont extrêmement sensibles à la mort qui les guette.

C’est l’une des raisons pour lesquelles nous vivons encore tous dans un environnement relativement paisible.


Ils ont peur de la mort.

Même lorsqu’ils sont convaincus, en raison de leur analphabétisme technologique, opérationnel et tactique, que lorsque Poutine a déclaré ceci, en février 2019 :

20 fév. (UPI) – Le président russe Vladimir Poutine a déclaré mercredi, dans un discours national, que Moscou pourrait cibler les États-Unis s’ils déplacent de nouveaux missiles en Europe de l’Est, après l’abandon du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire. Dans son discours sur l’état de la nation, Poutine a menacé de viser des pays d’Europe et les États-Unis avec de nouveaux missiles à portée intermédiaire si des missiles similaires sont stationnés contre la Russie dans les nations européennes voisines. Il a déclaré qu’un tel scénario viserait les centres de décision américains.

Il n’a pas parlé de la Maison Blanche, du Pentagone ou, disons, du Capitole – non, les coordonnées de ces centres sont contenues dans les ordinateurs de guidage des systèmes d’armes russes depuis ma tendre enfance.

De même que le Kremlin ou la Maison du gouvernement russe sont dans les ordinateurs américains.

Rien de nouveau ici.

Ce n’est pas une nouvelle et ce n’est pas ce dont Poutine parlait.


Comme je le dis constamment, les systèmes d’armes modernes ont une précision et une exactitude sans précédent.

Vous pouvez aujourd’hui, littéralement, envoyer un missile de croisière dans la fenêtre d’une maison, si vous le devez.

Les systèmes russes à distance ont, en outre, une portée sans précédent.

Donc, si l’un des bellicistes pense qu’il est en sécurité en Nouvelle-Zélande ou en Patagonie, il a tort.

Les armes nucléaires sont faciles, mais ce sont des armes non nucléaires qui permettent de recevoir un ciblage et de lancer une salve de missiles de croisière n’importe où dans le monde, en déplaçant un sous-marin en position de tir n’importe où dans le monde, y compris en Patagonie, en Nouvelle-Zélande, en Australie ou en Antarctique, pour faire bonne mesure.

Les systèmes de ciblage modernes de la Russie, tels que Liana, qui est déjà opérationnel, sont des constellations de satellites en orbite haute (+1 000 km) qui sont à l’abri des missiles antisatellites occidentaux modernes, sans parler des autres moyens de reconnaissance et de ciblage qui sont mis en réseau et bien protégés.


De plus, les opérations spéciales russes qui ont également un très bon bilan en matière de déploiements clandestins dans le monde entier ne se soucient pas de savoir où les SSN ou SSGN modernes se déploieront – en Amérique du Sud ou en Asie.

Et c’est ce que Poutine entendait par « centres de décision ».

Toute personne responsable du déclenchement de l’enfer sur Terre sera trouvée et anéantie soit dans un bâtiment spécifique en Europe ou aux États-Unis, soit sera capturée personnellement n’importe où dans le monde. Beaucoup oublient qu’en 1996, le chef des séparatistes tchétchènes, Dzhohar Dudaev, a été tué par des bombes à guidage laser dont le ciblage était basé sur l’utilisation d’un téléphone satellite.


C’était il y a 25 ans.

Depuis lors, la Russie est entrée dans le domaine de la guerre révolutionnaire, tant en termes de C4ISR qu’en termes d’armes, et c’est la raison pour laquelle, s’il existe des plans visant à « éviter » une guerre entre la Russie et l’OTAN, il faut viser au sein des bellicistes américains, dont la plupart sont des néocons, et les noms de ceux qui, aux États-Unis et en Europe, poussent à la guerre sont bien connus des Russes.

C’est précisément ce que la Russie a chercher à obtenir au cours des sept dernières années et c’est la raison de la montée en puissance de l’hystérie anti-russe – je sais, c’est frustrant quand on déteste la Russie plus que tout mais qu’on sait qu’on ne peut que lui crier dessus et pas beaucoup plus sans risquer d’être soi-même anéanti.


Ainsi, ils vont comprendre cette différence cruciale entre être mort et être vivant et c’est bien ainsi. Ils veulent donc la guerre, mais ils ne l’obtiendront pas à leurs conditions – c’est ce qu’on appelle une domination par escalade, ce qui est une véritable révolution dans les affaires militaires.

Pendant que les néoconservateurs étudiaient les pseudo-sciences politiques et les ersatz d’histoire dans les universités américaines de l’Ivy League, les Russes étudiaient la physique du vol et le traitement des signaux, entre autres choses, et c’est pourquoi les Russes n’ont pas beaucoup de doctrines – ils en ont une, mais celle-ci fonctionne.

Les États-Unis en produisent un grand nombre mais, comme le rédacteur en chef du bimensuel russe d’analyse militaire Arsenal de la Patrie (Arsenal Otechestva), Alexey Leonkov, ancien officier cadre de l’armée de l’air russe, le dit explicitement lorsqu’il commente le fait que les Américains sont les leaders mondiaux dans un certain nombre de stratégies développées, il n’y a qu’un seul problème avec toutes ces stratégies : elles ne sont pas viables lorsqu’elles sont confrontées à la réalité.

Les plans mondialistes de « réinitialisation » ne le sont pas non plus, car ils se limitent désormais aux États-Unis, qui ont dépassé leur utilité pour les globalistes, dont les néoconservateurs américains font partie intégrante, et à l’Europe, qui sera soumise et transformée en réserve pour des « unités » économiques sans culture, nationalité ni humanité.


Cela explique aussi un désir désespéré des États-Unis de déclencher une guerre, n’importe laquelle, en Ukraine et d’entraîner la Russie dans n’importe quelle calamité pour qu’elle dépense ses ressources dans ce pays de merde.

Mais là aussi, cela devient une tradition, une énorme erreur de calcul a été commise en 2014 et depuis lors parce que les néocons qui ont poussé cet agenda ont écouté un non-néocon mais un russophobe bavard typique, Zbigniew Brzezinski, qui a prêché son évangile selon lequel la renaissance de la Russie était totalement liée à la réintégration de l’Ukraine dans la Russie.


Comme toujours, la situation réelle était exactement le contraire.

Mais ils n’apprennent pas à D.C. parce qu’ils ne peuvent pas – ils sont ignorants pour commencer, et la haine leur interdit l’accès au dernier iota de bon sens et de connaissance qui leur reste, et nous avons ce que nous avons aujourd’hui.

Derrière tout cela se cache la crise systémique et insoluble d’un capitalisme financier prédateur, qui se présente sous différents noms, mais qui reste la même.

Comme l’a astucieusement dit Michael Hudson : le parasite a fini par manger son hôte.

Dans ce cas, la folie des néoconservateurs aux États-Unis n’est que le symptôme d’une maladie plus importante.

Dans le même ordre d’idées, voici la Russie qui a déplacé des troupes en Crimée il y a une semaine.

Si l’Ukraine veut vraiment combattre la Russie, et bien qu’elle le fasse.

Je me demande où sont tous ces « centres de décision » ukrainiens.

Non, je suis facétieux. Les Russes savent où ils sont et qui dirige, si vous voyez ce que je veux dire.

Donc ils feraient mieux de régler leurs problèmes de colère, ça pourrait être mieux pour eux.

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