Coronavirus : l’UE, boulet des pays européens

Samedi 30 janvier 2021

En mars 2020, The Guardian affirmait que hors de l’UE, le Royaume-Uni risquait d’attendre pour les vaccins. En novembre, l’euro-béat Clément Beaune soutenait que l’UE avait passé les contrats sur les vaccins pour protéger les européens. L’UE se prend à nouveau le mur de la réalité aujourd’hui, poussant les Echos à dénoncer sa lenteur sur les vaccins et le plan de relance. Ces deux fiascos révèlent une fois de plus que l’UE n’aide pas les pays européens, mais est un boulet pour ses membres.


Avec l’UE, c’est (beaucoup) moins, et (beaucoup) plus tard…

Le fiasco de la gestion de la campagne de vaccination est tel que même des euro-béats finissent par le dénoncer. Dominique Seux rappelait ainsi sur Radio Medef lundi matin que Pfizer avait livré 40 millions de vaccins outre-Atlantique, contre 12 pour toute l’UE… Cruel, il a récidivé jeudi en évoquant la polémique entre AstraZeneca et l’UE en termes peu flatteurs pour l’UE. Il a rappelé que Londres a passé commande trois mois plus tôt que Bruxelles, facilitant le démarrage de la production de l’usine dédiée, au contraire de l’UE. En outre, on peut ajouter qu’il est pour le moins paradoxal que l’UE s’en prenne au laboratoire alors même que le vaccin n’est pas encore validé pour l’UE. Les statistiques de vaccination sont cruelles pour les pays membres de l’UE, avec une Grande-Bretagne qui a vacciné autant de personnes que l’UE entière, soit 8 millions de doses contre 1,3 en France ou 2 en Allemagne

En mars 2020, The Guardian affirmait que « la Grande-Bretagne risque d’avoir à attendre plus longtemps et payé davantage pour acquérir un vaccin contre le coronavirus du fait de son départ de l’UE comme l’avertissent des experts »… Une autre plaie d’Egypte qui n’est pas tombée outre-Manche après le Brexit. L’UE a été si lente pour passer les commandes qu’en novembre, le patron de Moderna avait interpellé la commission pour l’alerter, 4 mois après les commandes de Londres à AstraZeneca… Même l’Allemagne avait ressenti le besoin de faire pression publiquement pour accélérer le travail de la bureaucratie bruxelloise. Bref, sur la vaccination, le bilan de l’UE est calamiteux : les vaccins arrivent plus tard qu’en Grande-Bretagne, ce qui fait qu’à date, outre-Manche, plus de 10% de la population a déjà été vaccinée, contre à peine 2,5% dans l’UE, qui se révèle être un boulet.

Idem sur le « plan de relance » européen, qui occupe tant les dirigeants du continent et une myriade d’élus et de fonctionnaires. Passé l’effet d’annonce, les chiffres sont là-aussi très cruels. D’abord, il faut rappeler que pas un euro de ce plan n’a encore été déboursé, et ne le sera probablement pas avant le milieu de l’année. On a vu mieux en réactivité, sachant que les Etats-Unis ont déjà dévoilé leur troisième plan de relance, de 1900 milliards de dollars, dont les subsides seront libérés avant le premier plan de l’UE… Heureusement pour les populations, les pays ont été plus rapides et plus ambitieux que la lourde machinerie européenne. Dès le premier semestre 2020, ils avaient mobilisé 2000 milliards d’euros en dépenses additionnelles et garanties, somme largement dépassée depuis. Le plan de relance de l’UE ne représente qu’une petite partie des moyens engagés par les Etats en réalité.

En outre, les 750 milliards fièrement affichés sont une présentation biaisée de la réalité. En effet, à la base, il s’agissait de 390 milliards de budgets supplémentaires et de 360 milliards de crédits à rembourser. En septembre, les négociations bruxelloises ont abouti à une baisse de 20% du vrai budget supplémentaire, à 312 milliards. L’utilisation des crédits reste incertaine tant les pays n’ont aucun problème à emprunter, d’autant plus qu’ils peuvent préférer le faire sans toutes les contraintes liéees à l’usage d’argent venu de l’UE. Pour couronner le tout, ces 312 milliards doivent être dépensés sur 3 ans, soit à peine plus de 100 milliards par an, 0,7% du PIB de l’UE. Par comparaison, les États-Unis ont mobilisé 5000 milliards de dollars en trois plans (2200 au printemps, 900 fin 2020 et 1900 en janvier), à dépenser sur 2 ans seulement, soit 12,5% du PIB par an, près de 20 fois le plan européen !

Bref, entre un plan de relance totalement chétif et ridiculement tardif (rien avant le troisième confinement), une campagne de vaccination tout aussi tardive et limitée par rapport aux États-Unis et au Royaume Uni, cette nouvelle crise ne place pas l’UE sous un beau jour. Encore une fois, elle nous handicape au lieu de nous aider. Et pour couronner le tout, l’euro s’est apprécié de 10% par rapport au dollar

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