Navalny : Le projet occidental contre la Russie

Mercredi 10 février 2021

En moins d’une semaine, Alexeï Navalny a été conduit à la barre, dans le box en verre réservé d’habitude aux prévenus deux fois pour des procès qui n’ont aucun lien avec son engagement politique même si, le lien est vite fait

Celui que les occidentaux ont qualifiés d’opposant politique numéro un à Vladimir Poutine est en train de passer un salle temps depuis son retour en Russie en provenance d’Allemagne où il a été soigné et passé la convalescence, suite à son supposé empoisonnement à un agent neurotoxique du type novitchok.


En moins d’une semaine, Navalny a été conduit à la barre dans le box en verre réservé d’habitude aux prévenus deux fois pour des procès qui n’ont aucun lien avec son engagement politique même si, le lien est vite fait.


D’abord pour le non-respect de son contrôle judiciaire dans une affaire qui remonte à 2014. Ensuite pour diffamation pour avoir diffusé des informations mensongères et injurieuses au sujet d'un ancien combattant de la Seconde guerre mondiale qui, avait figuré dans un clip de campagne lors du référendum constitutionnel dans ce pays.

Une erreur monumentale pour quelqu’un qui prétend prendre le pouvoir en Russie, un pays ou les héros de cette guerre contre le nazisme sont vénérés - un suicide politique en direct pourrait-on dire.


La tenue de ces deux procès a largement suffi aux russes pour qu’ils fassent leurs points de vue sur le patient de la clinique allemande "Charité" - Alexeï Navalny ; sur sa "popularité" ; sur son projet politique – son patriotisme, sur ses capacités d’homme d’Etat, mais surtout sur ses soutiens extérieurs.


A cette occasion, les plus sceptiques ont été abasourdis de constater à quel point, les puissances occidentales accordent plus de crédits à Navalny et à d’autres acteurs politiques russes de l'opposition au détriment de Vladimir Poutine.


Nous sommes à la fin des années 80, l’Union soviétique est en plein ébullition une étincelle suffit pour que le pays s’éclate. Les populations supportent dans la douleur la séparation survenue, le 26 décembre 1991. C’est le chaos – vainqueur du duel avec Mikhael Gorbatchev, Boris Eltsine et son équipe sont désemparés – incapable de redresser la situation. Les richesses de la nouvelle

Russie sont systématiquement pillées et détournés.


Désormais, les oligarques dictent leur loi sur la marche du pays qui, s’appauvrit du jour au lendemain. Le chef de l’Etat russe s’attire la sympathie des occidentaux, notamment des américains qui sautent sur l’occasion. De nombreux conseillers sont envoyés en Russie quasiment dans tous les domaines. Convaincu que c’est la voie à suivre, Eltsine débarque aux Etats Unis en juin 1992. Washington se félicite de la normalisation des relations entre les deux pays. Amadoué par ce soutien, Boris Eltsine déclare devant le Congrès américain : "Le communisme est mort, vive l’Amérique" - La Russie est à genoux.


La fin de la récréation interviendra quelques temps plus tard après l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine. Cependant, entre 2010 et 2012 une bonne partie de l’entourage de l’ancien président russe, Boris Eltsine encore aux affaires s’opposent à un éventuel retour à la tête du pays de Vladimir Poutine. Plusieurs prétendants au profil occidental sortent du lot et sont régulièrement évoqués dans les chancelleries occidentales et autres services spéciaux à Moscou. Il s’agirait entre autres du champion du monde des jeux d’échecs, Garry Kasparov qui vit aujourd’hui à New-York, ou encore du vice-président du Conseil des ministres de la Russie dans les années 90 et président du parti politique Yabloko.


Toutes les tentatives à ce projet funeste ayant échoués, le choix a été porté sur celui que les russes appellent désormais, "le patient de Berlin" qui du reste n’est pas blanc comme neige dans sa lutte contre la corruption. En réalité, Navalny ne serait qu’une partie du projet global américain et occidental contre la Russie au même titre que l’Ukraine.

Dans cette affaire, les diplomates chevronnés vous diront que, la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques a été violée sur toute la ligne par de nombreuses représentations diplomatiques à Moscou.


Ce malgré la déclaration de la Cour européenne de droit de l’homme qui a pris le soin de souligner que la condamnation de Navalny n’a aucun rapport avec ses convictions politiques. Les dirigeants de l’UE et les médias occidentaux qui observent un silence complice affirment le contraire alors que, Alexeï Navalny et son frère avaient été reconnu coupable dans une affaire de malversation financière dans l’une des filiales moscovites de l’entreprise française – Yves Rocher.

Ironiquement, les leaders occidentaux proclament qu’ils ne s’ingèrent pas dans les affaires intérieures de la Russie. Au même moment, de nombreux diplomates européens à Moscou ont non seulement tentés d’exercer une pression psychologique sur la justice russe, le 2 février 2021. Mais ont également pris part aux manifestations du 3 février.


Agissant comme un "général" envoyé au front ce même 2 février la présidente en exercice de l'OSCE la ministre suédoise des Affaires étrangères Ann Linde, lors d’une conférence de presse commune à Moscou avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, amplifie davantage les hostilités en demandant à Moscou de libérer Navalny.


De Washington à Berlin en passant par Paris, des appels sont lancés pour la libération immédiate et sans condition d’Alexeï Navalny. Joe Biden va même jusqu’à durcir le ton : "Nous ferons payer la Russie sans hésitation dans son ingérence dans nos élections et nous serons plus efficaces dans nos relations avec les Russes, en agissant en coalition et en coordination avec nos partenaires partageant les mêmes idées, l'emprisonnement à motivation politique d'Alexeï Navalny et les efforts de la Russie pour supprimer la liberté d'expression et de réunion pacifique sont une source de profonde préoccupation pour nous et la communauté internationale".


Mais sans compter avec le calme et la sagesse qui le caractérise, le Kremlin qui a lancé un « missile hypersonique Sarmat » contre l’Allemagne, la Suède et la Pologne en déclarant trois diplomates de ces pays persona non grata. Avec cette action diplomatique, Moscou a non seulement humilié le chef de la diplomatie de l’UE Josep Borrell en visite dans le pays, le 5 février 2021 mais a démontré de fort belle manière à l’Occident que, le projet européen contre la Russie sur Navalny comme c’est fut avec d’autres acteurs politiques russes depuis 1991 est sous contrôle.


A ce propos, l’histoire nous enseigne que les relations entre la Russie impériale et le reste de l’Europe a été toujours conflictuelle, notamment avec l’Allemagne. La plupart des Tsars russes ont des origines germaniques, les têtes pensantes de la révolution d’octobre 1917 revenaient bien d’Allemagne. Tout comme Navalny, lui aussi revenait d’Allemagne lorsqu’il a grillé ses cartes en direct. Tout compte fait et tenez-vous bien, au nom du « champion de la démocratie » en Russie, Berlin a déboursé plus de deux millions d’euros du contribuable allemand pour le séjour complet de Navalny dans ce pays.


L’insolence qui remonte depuis la nuit des temps persiste encore de nos jours. Il existe en Russie des médias : "Dojd", écho de Moscou et bien d’autres y compris des acteurs politiques dont les financements de leurs activités proviennent exclusivement de l’extérieur. Ces derniers affichent ouvertement et publiquement leur collaboration avec les gouvernements occidentaux en vue de renverser le pouvoir en place et déstabiliser la Russie – activités considérées par les autorités russes comme étant une haute trahison.

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